La mesure prend effet ce dimanche 1er mars. Elle s’applique à chaque catégorie de produits sur les colis de moins de 150 euros commandés sur des plateformes extra-européennes, comme Shein ou Amazon. Son objectif : inciter les consommateurs français à privilégier les commerces locaux.

C’est une mesure qui pourrait désormais vous faire hésiter au moment de valider votre panier en ligne : la taxe de deux euros sur les petits colis est entrée en vigueur ce dimanche 1er mars en France. Elle concerne tous les envois de « faible valeur » hors Union européenne, incluant La Martinique, La Réunion, La Guadeloupe ou encore Monaco.
Mais la cible principale de cette mesure adoptée dans la loi de finances 2026, ce sont les produits vendus sur les plateformes de commerce en ligne extra-européennes, comme Shein, Temu, Aliexpress ou encore Amazon. La taxe de deux euros ne s’applique pas à chaque produit acheté, mais à chaque catégorie d’articles au sein d’une même commande, dont la valeur totale est égale ou inférieure à 150 euros.
Ainsi, pour une commande de cinq vêtements, seulement deux euros de taxes seront appliqués, car tous les produits sont de même nature. En revanche, un panier composé d’un jouet, d’un bijou et d’une paire de chaussures se verra taxé à hauteur de six euros, les trois produits étant de catégories différentes.
Le but de cette mesure est de rétablir une concurrence plus loyale entre les géants de l’e-commerce, qui inondent le marché français, et les commerçants locaux, en incitant « les consommateurs à réduire les achats impulsifs de produits très bon marché ». Il incombe aux plateformes de mettre la main à la poche, mais les autorités craignent que la taxe se répercute sur les prix des produits.
Un dispositif « transitoire » en attendant une norme européenne
De quoi dissuader les habitués de ces sites en ligne ? « Je pense que c’est une très bonne idée. Ça peut me motiver à aller dans les commerces de proximité, plutôt que de commander depuis mon téléphone », avoue Alexya Pellerin, étudiante marseillaise de 22 ans, qui commande chaque semaine sur Amazon et Shein par « flemme » et « appât du gain ». Pour David Gauthier, cadre de la fonction publique de 52 ans, les contraintes prennent le pas sur les convictions : « J’habite dans une petite ville au sud d’Orléans. Je dois parfois faire une heure de route pour trouver un produit. Je préférerais quand même payer deux euros que de faire une heure de route. Mais éthiquement, je trouve ça bien que ces plateformes soient taxées. »
L’autre objectif de cette mesure est de financer le renforcement des contrôles aux frontières effectués sur ces produits. Mais le groupe ADP, qui gère notamment l’aéroport Charles de Gaulle (Roissy), craint cependant que les plateformes tentent de contourner cette nouvelle contrainte. « On prévoit que l’entrée en vigueur de la ”taxe petit colis” […] amène le transfert d’environ 50 vols par semaine à Paris-Charles de Gaulle, vers les hubs du Benelux. Et ce de manière irréversible. […] Sans harmonisation au niveau européen, les flux sont redirigés vers d’autres hubs, mais in fine les colis seront réacheminés en France par la route », nous précise-t-il.
Ce dispositif est en effet « transitoire » et doit être renforcé à l’échelle européenne dans les prochains mois. Dès juillet 2026, un droit de douane européen de trois euros viendra s’additionner à la taxe française. Chaque catégorie d’articles se verra alors taxée à hauteur de cinq euros. Puis, en novembre 2026, le tout sera remplacé par un dispositif européen qui harmonisera les règles sur l’ensemble du marché unique.
Auprès de l’AFP, un porte-parole de Shein assure que la société est « pleinement engagée à respecter l’ensemble de la réglementation douanière et fiscale française et européenne ». En 2025, 5,8 milliards de petits colis ont été importés en Europe. 97% provenaient de Chine.